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La dynastie des Habsbourg est devenue la plus puissante d’Europe grâce à la « diplomatie du lit de noces » de Maximilien Ier. En deux siècles, cette famille relativement obscure de comtes allemands qui tenaient leur titre d’un domaine suisse (Habichttsburg) devient maîtresse, grâce à un subtil jeu d’alliances, d’un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais ! Un règne symbolisé par la devise Austriae Est Imperare Orbi Universo (AEIOU), soit « Il appartient à l’Autriche de régner sur tout l’univers », mais aussi par le formidable complexe de palais qu’est la Hofburg, où chaque empereur ajouta sa touche.
Traditionnellement pieux, les Habsbourg ont réussi à maintenir une alliance entre le trône et l’autel qui a beaucoup contribué à consolider leur pouvoir. Cependant, les réformes imposées par l’empereur rationaliste Joseph II ont failli provoquer une rupture avec la papauté.
À la fin du 19e s., la dynastie faisait figure d’anachronisme, et l’esprit nationaliste et libéral de l’époque sapait le principe d’une monarchie absolue à laquelle l’avant-dernier empereur, François-Joseph, dont les soixante-huit ans de règne se sont terminés en 1916, adhérait dans l’esprit. La Première Guerre mondiale, qu’il déclencha par une déclaration de guerre contre la Serbie à la suite de l’assassinat à Sarajevo du prince héritier François-Ferdinand, a balayé la dynastie et fait voler en éclats ses possessions.
Durant six siècles, la dynastie fait face aux guerres, aux alliances, aux traités, aux épidémies… Elle fait de Vienne la capitale du Saint Empire Romain Germanique. En battant les Turcs à Kahlenberg en 1683, elle est reconnue par les souverains occidentaux comme le sauveur de la chrétienté. Et, durant les périodes fastes, elle dote Vienne de monuments somptueux tout en favorisant le développement des arts. C’est le cas lors de la « Vienna Gloriosa », sous les règnes du prince Eugène de Savoie, de Marie-Thérèse (1717-1780 – la première impératrice) et de Joseph II (1780-1790). Ou encore au 19e s. avec la construction du Ring. Au cours des siècles, les Habsbourg accumulent patiemment d’immenses collections d’art, aujourd’hui visibles au musée des Beaux-Arts. Chaque empereur participe à la construction d’un état moderne. Marie-Thérèse unifie et centralise. Joseph II abolit le sevrage, impose l’allemand et instruit les filles.
L’Autriche demeure bien évidemment profondément marquée (démographie, architecture, religion, économie…) par les six siècles du règne des Habsbourg qui se sont achevés il y a moins d’un siècle. Vous constaterez qu’une certaine nostalgie est encore perceptible. Une nostalgie « rentable » qui s’exprime à travers les bals, des expositions et nombre de produits dérivés…