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Les romarias sont célébrées en l’honneur d’un saint patron. Les plus importantes ont lieu dans le nord du pays, surtout dans le Minho. Les petites romarias se tiennent dans des chapelles de montagne et ne durent qu’une journée. Les grandes romarias, qui se déroulent dans les villes, peuvent s’étaler sur plusieurs jours. Certaines sont réservées à des catégories professionnelles, comme la romaria des pêcheurs à Póvoa de Varzim.
Quelques jours avant la fête, les responsables organisent une quête pour subvenir aux frais de la romaria. Les dons en nature sont recueillis dans des paniers ornés de fleurs et de guirlandes, puis vendus aux enchères. Ces quêtes sont déjà l’occasion de réjouissances auxquelles participent le gaiteiro (joueur de cornemuse), le fogueteiro qui lance les fusées et, en Alentejo, le tamborileiro qui joue du tambour. Les rues sont jonchées de tapis de fleurs.
L’essentiel de la cérémonie religieuse consiste en la conduite solennelle d’un cierge (d’où le nom de círio donné à la romaria) ou d’une bannière, depuis une localité parfois éloignée jusqu’au sanctuaire ; le cierge est transporté sur un char à bœufs ou sur une charrette fleurie. Il est suivi par une procession d’où émerge la statue du saint ou de la Vierge couverte de guirlandes et de dentelles. Le gaiteiro ouvre la marche.
À l’arrivée, le cortège accomplit deux ou trois fois le tour du sanctuaire dans un vacarme de pétards, de musiques et de cris. Le cierge et la bannière sont ensuite déposés près de l’autel, puis les dévots vénèrent la statue du saint.
Pour obtenir la faveur particulière de certains saints, les croyants accomplissent des rites de pénitence tels que le tour du sanctuaire à genoux en priant. Les ex-voto en cire offerts à cette occasion peuvent avoir la forme de l’organe dont on demande la guérison : cœur, rein, yeux, oreilles. Les saints faiseurs de mariages (saint Jean, saint Antoine, saint Gonzalves) étaient très populaires jadis ; les saints protecteurs du bétail (saint Mamede, saint Marc, saint Sylvestre) voient les animaux participer à la procession.
Certains villages pratiquent encore le culte du Saint-Esprit, resté vivace surtout aux Açores et au Brésil. La célèbre Fête des Tabuleiros à Tomar (Ribatejo), organisée autrefois par les fraternités du Saint-Esprit fondées au 14e s., s’est perpétuée jusqu’à aujourd’hui.
Une fois les dévotions achevées, les participants passent aux fêtes profanes : le repas, les danses folkloriques, les feux d’artifice. Chaque romaria s’accompagne de la vente d’objets d’artisanat.