37 ans après sa création, cette station des Hautes-Alpes demeure encore méconnue…
pour le plus grand bonheur de ses fans qui, loin des « usines à ski » des Alpes du Nord, y trouvent la beauté d’un site sauvage protégé et, à 2720 m d’altitude, une neige fraîche propice au grand ski.
Première station enneigée de la saison 2006-2007
Lors de notre venue aux Orres fin décembre, l’automne jouait les prolongations sur toute l’Europe avec des températures d’une douceur vraiment anormale pour l’époque.
La station, située à 100 km de Nice à vol d’oiseau, était, contre toute attente, la seule à avoir reçu plus de 80 cm de neige avant Noël ! « Rien d’exceptionnel à cela, nous explique la directrice de la station, Bettina Mattias, car nous bénéficions ici d’un microclimat dont la fraîcheur issue du Gulf Stream est propice à un enneigement précoce. »
Sentir la montagne autrement en raquettes
Pour se « mettre dans le bain » et retrouver la forme après quelques mois de stress urbain, nous vous conseillons de commencer par une bonne randonnée en raquettes.
Pendant 3 ou 4 heures, vous marcherez sur les plus hautes cimes des Orres et atteindrez la table d’orientation (2 768 m) qui offre un panorama sublime sur la vallée de l’Ubaye et le massif des Écrins.
Surtout, ne vous aventurez pas seul sur les cimes, les risques d’avalanche étant toujours réels. Des randonnées sont organisées par l’école du ski français (ESF). Ses 90 moniteurs et guides de haute montagne sont tous natifs de la région et connaissent parfaitement le domaine.
18 € pour 3 heures et 23 € pour 4 heures.
Une station à taille humaine
Construite en 1970 au milieu d’une forêt de mélèzes, la station des Orres est située sur un belvédère qui offre une vue superbe sur le lac de Serre-Ponçon et la vallée de la Durance.
Son architecture intégrée à l’environnement évoque celle d’Avoriaz (construite un peu avant), avec ses façades en bois, ses passerelles et ses formes arrondies.
L’ensoleillement du site est impressionnant (plus de 300 jours par an) et va de pair avec l’accent méridional des habitants, dont beaucoup ont des attaches familiales du côté de Marseille.
Les Orres comptent aujourd’hui 23 remontées mécaniques (8 télésièges et 15 téléskis), 88 km de pistes, 40 km d’itinéraires de ski de fond, un snow-park et des espaces vierges pour le hors piste (sous la conduite d’un moniteur de préférence).
À 2 720 m d’altitude, la qualité du manteau neigeux et l’inclinaison des pistes (1 170 m de dénivelé) permettent un ski vraiment sportif qui en étonnera plus d’un ! Nous vous conseillons notamment les pistes rouges Blanchon, Portette, Boussolenc et Les Perdrix. Compter 24 € le forfait journée, 118 € le forfait pour 6 jours consécutifs (possibilité de réserver par téléphone au 0 892 701 205 ou sur Internet).
Pour les « petiots »
La station des Orres bénéficie des labels « P’tits Montagnards » et « Famille plus » qui sont décernés aux stations dotées de structures d’accueil, d’équipements et d’animations pour les enfants.
Vous trouverez ainsi une garderie pour les tout petits (moins de 2 ans) ; une formule ski-garderie pour les enfants de 3 à 6 ans, une initiation au surf pour les plus de 5 ans, une piste de luge, un manège et une descente aux flambeaux des tout-petits.
Un petit bijou : le village des Orres
Situé à 2 km en contrebas de la station, sur la D 40 menant à la ville d’Embrun, voici un village authentiquement montagnard qui sent bon le foin, l’étable et le feu de bois !
En le traversant à pied après avoir admiré le massif des Orres et bu l’eau fraîche des fontaines, vous pourrez contempler ses robustes fermes en pierre surmontées de toits de lauze violette brillant au soleil. Avec leurs balcons en bois de mélèze et leurs antiques greniers à céréales exposés plein sud, ces bâtisses sont très proches de l’architecture traditionnelle du Queyras voisin.
Surplombant le village planté sur un versant pentu, l’église Sainte-Marie-Madeleine est classée aux Monuments Historiques. Elle fut édifiée au début du 16e s. et vaut le détour pour son clocher de style lombard et son lion en marbre rose accroupi sur la terrasse.
Un beau sentier pédestre balisé relie le village au bas de la station (au niveau de l’hôtel La Portette) en plus d’une heure de marche.
Où loger ?
Au village
Si vous voulez profiter du calme des Orres, ne manquez pas de réserver une chambre au Jas de la Viera, qui est un merveilleux gîte d’étape et de séjour. Il y a 10 ans, Line et Denis Kempf ont restauré cette ancienne auberge et lui ont donné une capacité de 32 lits (chambres de 2, 3 ou 4 personnes).
Une terrasse fleurie vous permettra de contempler les cimes enneigées. Tous les produits servis en demi-pension sont de la région et proviennent de l’agriculture biologique, du miel au pain en passant par les œufs, les tisanes, les fruits et les légumes.
45 € par personne pour la nuitée et la demi-pension.
À la station
Situé à 1 650 m d’altitude, l’hôtel de la Portette, 26 chambres, est tenu depuis 6 ans par un couple sympathique, Xavier et Christelle Rivière. L’ambiance est jeune autour du bar et la cuisine montagnarde est copieuse.
À quelques mètres des pistes, vous pourrez rejoindre dès le matin le domaine skiable en empruntant un antique téléski construit en 1965 : attention au départ un peu nerveux ! Une navette gratuite passe également toutes les 20 minutes devant l’hôtel pour relier le centre de la station situé à 1 km.
40 € par personne pour la nuitée et le petit déjeuner, 50 € pour la demi-pension.
Embrun : une petite ville méridionale perchée sur une falaise
Pour accéder à la station des Orres, il vous faudra nécessairement passer par Embrun, que vous soyez en voiture ou que vous arriviez en train de Paris. Mais attention : Embrun ne ressemble en rien à ces obscures villes de montagne tapies au fond d’une vallée auxquelles on se rend uniquement pour faire ses courses !
Juchée sur le Roc, un promontoire de poudingue de 80 m de haut qui domine la vallée de la Durance, cette ville lumineuse fut surnommée « la Nice des Alpes ». L’ambiance y est en effet toute méridionale avec ses placettes arborées de tilleuls et de platanes, ses fontaines, ses ruelles, ses terrasses de café, ses cadrans solaires et ses façades colorées. Cette vieille cité fut la capitale des Alpes du Sud sous l’empire romain et devint métropole ecclésiastique jusqu’à la Révolution française.
Si les sportifs vont à Embrun pour faire du kayak et de la planche à voile sur le lac de Serre-Ponçon tout proche, les amateurs d’histoire viennent y découvrir sa Tour Brune du 12e s. (une tour de guet-prison encore ornée de graffitis de l’époque napoléonienne) et sa cathédrale Notre-Dame-du-Réal qui, zébrée de schiste noire et de calcaire blanc, est un chef-d’œuvre de l’architecture « romane lombarde » des 12e et 13e s.
La chapelle Sainte-Anne abrite quant à elle le trésor des archevêques. Ne manquez pas non plus le splendide portail Renaissance de l’Hôtel des Gouverneurs (rue de la Liberté) et la maison des drapiers du 18e s. pourvue d’une galerie italienne à trois étages d’arcades et de colonnades (rue Isnel).
Située sur une terrasse naturelle, le jardin de l’archevêché, qui faisait partie intégrante du palais épiscopal jusqu’au 18e s., est un lieu de promenade offrant un panorama exceptionnel sur la vallée de la Durance et la montagne des Orres. Un décor à la Jean-Jacques Rousseau !
Nos adresses gourmandes
Ici, cela fait belle lurette que les vacances à la neige ne sont plus synonymes de hot-dogs-frites-ketchup…
Ainsi, à L’Orée des pistes, situé au cœur de la station des Orres, Évelyne et Henry Combal mitonnent-ils des spécialités maison à partir des produits régionaux typiques comme les truites de Baratier servies avec des champignons des bois (14,50 €). Le gratin de queues d’écrevisses et la marmite de coq au vin à l’ancienne valent aussi le coup de fourchette, tout comme la tarte Tatin vanillée flambée au calvados et la glace « Grand-Mère » aux cerises confites. Menu à 34,50 €.
Le Dinos’Orres, situé à même les pistes, près de la garderie, est tenu depuis 1986 par la famille Chanel. Aux fourneaux, René le père et Stéphan le fils élaborent une cuisine goûteuse, originale et inventive à l’image de leur bouillabaisse de champignons de la montagne, de leurs beignets de fleurs d’acacias au miel de pissenlit ou de leur mousse de concombre enrobée de truite fumée à la menthe fraîche. Autres points forts : la farandole de desserts, la terrasse en plein air ensoleillée et l’accueil. Menu à 23 €.
À Embrun, l’Hôtel Restaurant de la Mairie est situé sur la charmante place Barthelon, au centre de laquelle trône une fontaine du 16e s. inscrite à l’Inventaire des Monuments Historiques. Les ravioles aux morilles et le gratin de framboises sont les deux plats phares de cet établissement chaleureux, mais il faut goûter aussi au foie gras de canard maison et à la salade à la truite fumée de Baratier. Menu du terroir à 20 €.
Juste à côté, ne manquez pas de rendre visite au chocolatier Luc Eyriey, une figure locale dont les chocolats artisanaux sont fabriqués à partir des plus grands cacaos sélectionnés par Valrhona (Guanaja, Manjari, Caraïbe, et Jivara).
À 4 km d’Embrun, le village de Baratier, déjà réputé pour son élevage de truites, vaut aussi le détour pour la Miellerie de Jean-Pierre et Brigitte Guasco.
Ce couple d’apiculteurs installé depuis 25 ans dans une maison de contes de fée (style Hansel et Gretel) élabore des miels de montagne, de lavande, d’acacia, de forêt, de bruyère et de romarin riches et concentrés, ainsi que du pain d’épices, du nougat, des pastilles, de l’hydromel, de la cire et des bougies. Un lieu paisible et idyllique.
Infos pratiques
Office de Tourisme des Orres
Tél. : 04 92 44 01 61
Office de Tourisme d’Embrun
Tél. : 04 92 43 72 72
Gîte Le Jas de la Viera
Tél. : 04 92 44 10 36
Hôtel La Portette
Tél. : 04 92 44 00 02
L’Orée des pistes
Tél. : 04 92 44 01 98
Le Dinos’Orres
Tél. : 04 92 44 00 36
Hôtel Restaurant de la Mairie
Tél. : 04 92 43 20 65
Chocolats Luc Eyriey
Tél. : 04 92 43 01 37