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La nouvelle forme de Nantes
La nouvelle forme de Nantes
Georges Rouzeau - 14-12-2009
Nantes, sans doute la ville de France qui s’est le plus transformée depuis cent ans, se trouve sous les feux de l’actualité.
Its chateau has just opened again and next summer you will discover 'machines on the island' and also 'Estuaire 2007', an artistic enhancement of the Loire estuary imagined by Jean Blaise, director of the Lieu Unique.
Son château vient de rouvrir et l’été prochain, vous découvrirez les machines de l’île, le projet fou des créateurs de la compagnie Royal de Luxe, et Estuaire 2007, une mise en scène artistique de l’estuaire de la Loire imaginée par Jean Blaise, le directeur du Lieu Unique.
Les deux monuments les plus emblématiques de Nantes se font face en plein cœur de la ville, à deux minutes de la gare. L’ancienne manufacture de biscuits LU, rebaptisée Lieu Unique par Jean Blaise (le créateur de la Nuit blanche), est incontestablement l’un des pôles artistiques français les plus actifs depuis son ouverture en 2001. De l’autre côté du boulevard, le château des ducs de Bretagne, aux remparts puissants et aux tours crénelées dignes d’une véritable forteresse, vient enfin de rouvrir au public après plusieurs années de fermeture et de restauration.
La renaissance d’un château
Aujourd’hui, l’ancienne demeure d’Anne de Bretagne abrite un somptueux musée d’histoire de la ville. Conçu comme un véritable projet de société destiné à mettre l’histoire et la conscience historique au cœur de la cité, ce musée est aussi un trait d’union entre les villes de Nantes et de Saint-Nazaire, qui forment à elles deux une agglomération de plus d’un million d’habitants.
Le visiteur se voit offrir un parcours chronologique et thématique en sept séquences du 13e s. à la période contemporaine. Le chemin de ronde, qui offre de belles vues sur la ville, est ouvert au public pour la première fois. L’architecture est souvent mise en vedette dans les premières salles : c’est l’occasion de découvrir des centaines de mètres carrés restés fermés pendant des décennies entières, faute de plancher par exemple.
C’est toute l’histoire de la ville de Nantes, entre Loire et Océan, qui est contée à l’aide d’objets soigneusement choisis et d’outils multimédias. Parmi les plus belles pièces, citons bien sûr le reliquaire d’or du cœur d’Anne de Bretagne ou la tapisserie des États de Bretagne. Aucun chapitre de l’histoire tumultueuse de ce grand port n’est éludé. La traite négrière a été la source de la prospérité de la ville au 18e s. et demeure aujourd’hui, travail de mémoire oblige, un sujet d’actualité encore brûlant. Une salle aveugle, entièrement tapissée de bardeaux de bois, évoque la cale étouffante où les esclaves étaient enchaînés.
Heureusement, la navigation offre des visages plus heureux, comme les magnifiques sculptures de proue ou la Loire saisie par une aquarelle de Turner.
Au fil des salles passent également pour notre plus grand plaisir la figure de Jules Verne. Ouverte sur la mer et les pays lointains, sujette à la rêverie suscitée par l’élément liquide, Nantes a toujours eu l’imaginaire fécond.
Les machines de l’île
Le nouveau projet de François Delarozière et Pierre Oréfice, les têtes pensantes de la compagnie Royal de Luxe, s’inscrit dans cette filiation que n’aurait pas reniée l’auteur de Vingt mille lieues sous les mers. Dès juin 2007, les « machines de l’île » vont faire de Nantes l’un des parcs d’attraction les plus insolites au monde. De quoi s’agit-il? Tout d’abord d’un éléphant à propulsion hydraulique de 12 m de haut et de 40 tonnes ! En acier et revêtu de tulipier de Virginie, c’est une superbe créature dont nous avons vu les premiers éléments dans un atelier où s’activent une vingtaine de créateurs de décors, du menuisier au soudeur. Dès juin prochain, ce proboscidien de rêve embarquera dans son ventre 35 personnes pour un tour d’une heure et demie sur l’île de Nantes.
Parallèlement, la « galerie des machines » ouvrira comme atelier vivant et « musée » : le public verra les décorateurs travailler en direct sur les futurs projets de François Delarozière et Pierre Oréfice en attendant d’embarquer dans l’éléphant. Les autres projets, qui courent jusqu’en 2011, comprendront un kiosque peuplé de créatures sous-marines baptisé les Mondes marins (2009) et un arbre géant, véritable cathédrale d’acier de 800 tonnes, l’Arbre aux oiseaux. Cette dernière machine portera deux hérons géants juchés chacun sur une branche articulée : au terme d’un parcours acrobatique (et sécurisé !) à travers les frondaisons de l’arbre, les voyageurs grimperont sur les hérons pour quelques tours de manège dans les airs.
L’île de Nantes, un nouveau territoire au cœur de la ville
Face au centre historique, enserrée entre deux bras de la Loire, l’île de Nantes, d’une superficie de 350 hectares, se métamorphose à vue d’oeil. Amateurs d’urbanisme, de friches industrielles et d’architecture moderne, précipitez-vous à Nantes, qui, encore une fois, s’invente une nouvelle forme.
La partie Est de l’île fut aménagée en cité administrative dans les années 1960. Victime de la fermeture des grands chantiers navals de l’Atlantique en 1987 et de la délocalisation des grandes conserveries, la partie Ouest et industrielle de l’île réclamait à son tour un plan ambitieux de réaménagement. L’architecte Alexandre Chemtoff et son équipe supervisent les travaux selon un plan-guide réactualisé tous les trimestres : cette nouvelle partie de l’île combinera à terme logements chics et sociaux, commerces et crèches, espaces verts et infrastructures culturelles comme la nouvelle école des Beaux-Arts. À chaque fois, les concepteurs essayent de respecter l’histoire des lieux : une ancienne fonderie sera par exemple transformée en jardin exotique.
Menacée un temps de destruction, la grande grue Titan, dont le jaune cadmium rayonne à la ronde et sert d’emblème à cette partie de l’île, a été sauvée par les défenseurs du patrimoine industriel. Les travaux devraient durer vingt ans.
La passerelle Anne de Bretagne (située sur le quai André Morice, face à la médiathèque) permet au piéton d’accéder à l’île, directement face au nouveau Palais de justice ouvert en 2000. N’hésitez pas à en faire le tour et à arpenter la salle des pas perdus de ce monolithe noir et majestueux signé Jean Nouvel. Si la rationalité des proportions domine (symbole d’équité de la justice selon l’architecte), on est surtout frappé par l’omniprésence du noir, du rouge sang et des murs en grilles.
Les machines de l’île s’installeront, elles, dans les anciennes nefs navales Dubigeon, actuellement en pleine restauration. Une ancienne mûrisserie à bananes, simple parallélépipède de béton pour l’heure, sera reconvertie en restaurant, bar, galerie et surtout fera partie intégrante du projet Estuaire 2007 (voir encadré). Pour saisir tous les enjeux de ce projet unique en France par son ampleur, visitez le hangar 52 qui expose des photographies aériennes, des plans et des maquettes.
On ne parcourt pas sans mélancolie le territoire de l’île de Nantes, paysage qui porte la livrée grise du travail industriel et la trace de toutes les mutations contemporaines…
Prendre le large : le quartier de Trentemoult
Ancienne île, ce petit village en bordure de Loire appartient à la commune de Rézé dont il était autrefois séparé par un bras secondaire du fleuve. C’est un ancien village de pêcheurs, un lieu de retraite de marins et de capitaines au long cours, pelotonné autour de ses ruelles et de sa place des Filets : les caps horniers habitaient les belles demeures situées en lisière de village tandis que les pêcheurs se regroupaient à l’intérieur pour se protéger du vent et des intempéries. Au sommet de certaines maisons, des poulies, installées là pour hisser à l’abri les biens les plus précieux, témoignent encore de la violence des crues. Dans les jardins poussent des plantes exotiques caractéristiques comme le magnolia et le camélia, emblèmes de la ville de Nantes.
Le quartier est devenu à la mode après la création du port de plaisance en 1980. Le week-end, les Nantais y viennent nombreux pour profiter de l’air presque marin. Après une promenade dans les ruelles, vous pourrez prendre un verre dans l’une des deux institutions que sont la Civelle et la Guinguette.
Aujourd’hui, un navibus permet de rejoindre le centre de Nantes. Autrefois, cette embarcation, baptisée « roquio », emmenait les ouvriers vers les chantiers navals.
Renseignements pratiques
Office de tourisme de Nantes: www.nantes-tourisme.com
Où dormir ?
L’hôtel Pommeraye.
Situé à deux minutes du célèbre passage du même nom, entièrement refait il y a deux ans, cet hôtel offre des chambres spacieuses et confortables dans un décor à la fois intimiste et branché. Des expositions d’art ont régulièrement lieu dans les murs.
Hôtel Pommeraye
2, rue Boileau
44000 Nantes
Tél.: 02 40 48 78 79
Où manger ?
La brasserie du SNUC
C’est le restaurant « officiel » du stade nantais UC rugby, club né en… 1904 ! Pascale Crimée tient les rênes et régale son petit monde, tennismen, rugbymen, footballeurs, hommes d’affaires et gourmands, avec une cuisine de brasserie de luxe revisitée. Régime crétois contre cassoulet, les petits plats sortis des cuisines privilégient l’huile d’olive et les fruits de mer. Ambiance chaleureuse 7 jours sur 7. Le soir, c’est un bar.
SNUC "La Brasserie"
74, Bd des Anglais
441000 Nantes
Tél.: 02 40.76 42 62
Fax.: 02 51 83 01 17
E-mail : info@snucbrasserie.com.

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