Emmanuel Tresmontant - 01-10-2006
En France, la tradition veut que chaque président de la République laisse à la postérité un édifice culturel marqué de son sceau.
Ainsi Georges Pompidou et le Centre Pompidou (inauguré en 1977), Valéry Giscard d’Estaing et le musée d’Orsay (1986), François Mitterrand et la Bibliothèque Nationale (1995) et, dernièrement, Jacques Chirac et le musée du quai Branly.
Une rangée de cabanes multicolores émergeant de la forêt !
Vu de l’extérieur, l’édifice situé à proximité de la Tour Eiffel dans l’un des quartiers les plus chics de Paris ressemble, selon le vœu même de son architecte Jean Nouvel, à "un lieu marqué par les symboles de la forêt et du fleuve", "un endroit unique et étrange" semblable à "un simple abri sans façade, dans un bois"...
Si certains ont comparé cette réalisation à "un pétrolier rouillé échoué au bord de la Seine", on est obligé de reconnaître que l’ensemble, malgré ses audaces, réussit l’exploit d’intégrer son environnement ! L’imposante structure du bâtiment ne dépasse en effet pas 21 m de hauteur. La présence du jardin exotique et des 26 poteaux disposés pour soutenir la charpente métallique de 220 mètres de long permettent quant à eux au site de "respirer". Jean Nouvel a également pris soin d’utiliser des matériaux naturels comme le bois. Son édifice est volontairement irrégulier avec ses 30 "boîtes" multicolores émergeant de la façade : servant d’espaces d’exposition à l’intérieur du musée, elles donnent du volume et de l’harmonie au bâtiment extérieur.
Côté Seine, une palissade de verre de 12 mètres de haut sur 200 mètres de long sert d’enceinte au musée et épouse la courbe du fleuve.
Avec un jardin de 18 000 m2 composé de milliers d'essence et un mur végétal de 800 m2 couvert de 15 000 plantes (soit 150 espèces du monde entier), le musée ajoute un espace végétal étendu au cœur de Paris.
Un kaléidoscope de collections réunies en un seul lieu
Pour accéder à l’intérieur du musée, il vous faudra emprunter une curieuse rampe sinusoïdale de 180 mètres tournant autour d’une tour de verre dans laquelle sont conservés des instruments de musique d’Afrique et d’Océanie. Sur les 300 000 objets exposés à l’abri de la lumière du jour, le spectacle des 70 000 masques, totems, statues et figurines en provenance de tout le continent africain rappellent la fascination éprouvée par Picasso au début du 20e s. lors de sa visite au musée de l’Homme : un sentiment d’effroi devant des objets magiques conçus pour détourner ou capturer les forces obscures de la nature.
Par ses collections, le musée du quai Branly nous rapproche de formes d’art jusque-là souvent considérées par les Occidentaux comme de simples objets de déco. Les salles de lecture et la bibliothèque mises à disposition du public sont équipées d’un système d’information multimédia permettant de mieux s’initier à la compréhension des œuvres, des cultures et des peuples. Vous pourrez ainsi par exemple expérimenter des lunettes binoculaires montrant une vue stéréoscopique et panoramique de deux sites archéologiques précolombiens : Palenque au Mexique et Choque K’Iraw au Pérou.
Musée du quai Branly
222 rue de l’Université.
Tél. : 01 56 61 70 00
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