Georges Rouzeau - 08-06-2009
Au cœur des coteaux de Gascogne, entre Agen et Auch, deux passionnés ont transformé un hameau en ruine en éco-gîte exemplaire, notamment pour le respect de l’eau. Cette maison-pilote accueille les vacanciers, les randonneurs en route pour Saint-Jacques-de-Compostelle et les stagiaires désireux de s’initier aux techniques de construction écologiques.
Arrivés en 2000 sur ce bout de campagne préservé, situé au cœur des coteaux de Gascogne, Olivier et Anne-Marie Landru n’ont pas chômé. La Maurague, dont certaines parties remontent au 17e s., était un hameau en ruine. Le couple en a fait un éco-gîte pionnier qui a reçu en 2002 le label d’opération exemplaire pour le respect de l’environnement, décerné conjointement par le Conseil régional Midi-Pyrénées et l’ADEME. Un an plus tard, les premiers hôtes étaient accueillis.
Le gîte, une immense bâtisse, peut accueillir jusqu’à 15 personnes grâce à des chambres individuelles et un « dortoir » à l’étage. Au rez-de-chaussée, l’immense salle à manger fonctionne comme une véritable auberge gasconne.
Derrière le bar, Anne-Marie veille au bien-être de ses hôtes. Au premier soleil, ces derniers s’égaillent sur la terrasse ou à l’ombre des arbres fruitiers dans le parc de 3 ha. Le soir, d’avril à septembre, elle régale sa quinzaine de convives de plats bios, parfois végétariens, dans une ambiance conviviale et bon enfant.
Des murs à l’isolation, du traitement de l’eau à l’énergie, la Maurague est un exemple de restauration respectueuse de l’environnement. Tous les murs ont bénéficié de matériaux naturels, pierre locale ou bois non traité ; toutes les lasures, peintures et enduits sont certifiés Ecocert ; l’isolation a été réalisée avec de la ouate de cellulose et les enduits à la chaux.
De février à novembre, une grosse installation solaire fournit de l’eau chaude à toute la maisonnée ainsi que le chauffage à basse température des bâtiments pendant l’hiver. Anne-Marie et Olivier terminent en ce moment la restauration d’un autre corps de ferme. À terme, ce lieu fera office de bibliothèque et de centre de recherches dédié à l’habitat naturel.
Restauration exemplaire disions-nous : c’est encore plus vrai au chapitre de l’eau, qui est sans doute, de l’avis de nombreux spécialistes, un problème bien plus grave encore que celui de la pénurie de pétrole…
À la Maurague, on applique bien sûr de stricts critères d’économie pour réduire au maximum le gaspillage de l’eau.
Côté pollution, les eaux grises sont nettoyées par phyto-épuration : toutes les eaux domestiques sont traitées au travers d’une cascade de bassins à ciel ouvert et équipés de filtres plantés. Ces plantes, comme les iris, les roseaux ou les joncs, digèrent « les éléments minéraux issus de la dégradation de la matière organique pour leur croissance ».
Aux dires des propriétaires de la Maurague, ce procédé, validé par les autorités à titre expérimental, dépasse toutes leurs attentes. Le gîte de la Maurague possède également deux citernes de récupération des eaux de pluie mais, pour l’instant, la loi interdit l’usage de ses eaux dans un édifice accueillant du public.
Il reste la question des toilettes ! Il faut savoir que 80 % de la pollution domestique (nitrates, phosphates et coliformes fécaux) découle de l’utilisation des toilettes traditionnelles à chasse d’eau, qui consomment à elles seules 30 à 40 % de l’eau potable d’un foyer. Le gîte est donc équipé de toilettes sèches, encore appelées toilettes à compost ou toilettes à litière : les matières rejetées sont mélangées à de la sciure et recyclées en compost…
Combinant leurs expériences et leurs passions respectives, aussi bien dans l’accueil et la formation (pour Anne-Marie) que dans la taille de pierre et la construction (pour Olivier), le couple organise des stages et des conférences autour de la maison écologique. Le temps d’un week-end, vous pourrez apprendre à monter un mur en briques monomur (brique creuse à petites alvéoles verticales), à construire des toilettes sèches ou à réaliser un badigeon à la chaux.
Bien entendu, le gîte est ouvert à tous, et pas seulement aux passionnés d’écologie : nombreux sont, par exemple, les randonneurs en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle et tous ceux qui veulent passer une nuit profonde dans le silence de la campagne gersoise.
La Maurague
32100 Caussens
Tarif : à partir de 47 €.